Changement climatiques 101

Adaptation aux changements climatiques et leur atténuation

Définitions

La réaction sociétale aux changements climatiques s'appuie sur deux stratégies fondamentales, à savoir l'adaptation, par laquelle les Canadiens réagissent face à l'évolution de l'environnement, et l'atténuation, qui permet de déployer des efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). (http://www.statcan.gc.ca/pub/16-201-x/2007000/10542-fra.htm)

L'adaptation est un complément indispensable à l'atténuation dans la lutte contre les changements climatiques. Elle entraîne essentiellement une modification des décisions, des activités et de la façon de penser en fonction des changements climatiques constatés ou prévus, afin d'atténuer les dommages qui peuvent en découler et de saisir les nouvelles possibilités qu'ils risquent d'offrir.

Adaptation ou atténuation?

Ni l'adaptation ni l'atténuation ne pourra à elle seule empêcher les importants impacts des changements climatiques, mais, ensemble, elles peuvent réduire les risques considérablement. Il n'existe pas de combinaison optimale entre les mesures d'adaptation et d'atténuation, et il ne s'agit pas de faire un choix entre les deux. L'atténuation est nécessaire pour réduire le rythme et l'ampleur des changements climatiques, tandis que l'adaptation s'impose si l'on veut limiter les dommages causés par les inévitables changements climatiques. (http://www.rncan.gc.ca/environnement/adaptation-101/10026)

Exemples d’atténuation (production d’énergie, replantation/silos de carbone, séquestration de carbone)

Les forêts peuvent constituer d’importantes sources d’émissions de gaz à effet de serre (GES) et jouer un rôle important comme puits de carbone à la suite des processus naturels (comme les feux, les infestations par les insectes et la croissance des arbres) et des activités humaines (comme l’exploitation, le boisement et le déboisement).

L’idée sous-jacente à celle d’utiliser les forêts dans le but d’aider à atténuer les changements climatiques à l’échelle mondiale nécessite donc des mesures de gestion destinées à réduire leur potentiel comme source et à augmenter leur potentiel comme puits. Par exemple :

  • Limiter le déboisement et réduire les émissions de GES associées à l’exploitation forestière constituent deux façons de diminuer l’importance des forêts comme sources. Les stratégies visent à diminuer les perturbations au cours des activités de récolte, à réduire la largeur des chemins forestiers et à favoriser le rétablissement rapide des arbres après la récolte.
  • La création de nouvelles forêts au moyen du boisement et l’amélioration de la croissance dans les forêts existantes sont deux façons d’accroître l’importance des forêts comme puits de carbone. Le boisement signifie l’établissement de nouvelles forêts sur des terres agricoles abandonnées ou d’autres zones non forestières.

Les aspects économiques du boisement pour créer des puits de carbone font l’objet de recherches exhaustives. Un des problèmes cernés est que de nombreux coûts associés au boisement doivent être payés d’entrée de jeu, mais les avantages associés aux puits de carbone sont recueillis lentement, au fil du temps. Le boisement ne représente donc pas toujours une solution économiquement intéressante pour le secteur privé.

De plus, on ignore encore quels sont les compromis associés à un changement de l’utilisation du sol, comme le boisement à grande échelle. Par exemple, les avantages du boisement en ce qui a trait au carbone doivent être évalués soigneusement par rapport aux conséquences pour le secteur agricole. Une diminution des terres disponibles pour la production alimentaire est un des coûts. Cette situation entraîne à son tour un autre coût, notamment la nécessité d’utiliser des pratiques agricoles énergivores pour répondre à la demande de production sur une plus petite superficie terrestre — un résultat probable de cette approche est une augmentation des émissions de gaz carbonique.

La question de la réduction des activités de déboisement est complexe. Le déboisement est le résultat d’activités de nombreux secteurs comme l’agriculture, le développement municipal, l’exploitation minière et l’énergie. Cela signifie que les politiques destinées à s’attaquer au déboisement doivent souvent être élaborées en fonction des secteurs. Toutefois, il est clair que lorsqu’on réduit les activités de déboisement, on obtient immédiatement une diminution des émissions de GES. (http://www.rncan.gc.ca/forets/changements-climatiques/13098)

Carte du Canada en noir et blanc. Sur chaque province ou territoire sur la carte sont inscrits le nom de la province ou du territoire et une liste des politiques et des mesures clés. (https://www.ec.gc.ca/GES-GHG/default.asp?lang=Fr&n=02D095CB-1)

Exemples d’adaptation (infrastructure bâtie de façon résiliente, corridors pour la faune, modification génétique – bétail, plantes, coraux)

  • Les semences adaptées à la chaleur et à la sécheresse peuvent contribuer à la reproduction des plantes et survivre à des températures extrêmes.
  • Les chercheurs tentent de trouver des moyens d’élever du bétail, dont les poulets, les dindes et les porcs, dans des conditions leur permettant de mieux résister à la chaleur.
  • Les « communautés adaptées au feu » pourraient mettre le doigt sur les secteurs à risque. Entourées de coupe-feux aménagés aux endroits où la végétation inflammable est éliminée, ces zones protégées – dont les citoyens reçoivent une formation en sécurité incendie – contribuent à protéger les résidences qui y sont situées et à assurer la santé des personnes qui y vivent. On prévoit une augmentation de plus de 60 % des feux de friches dans certaines latitudes moyennes et élevées.
  • Les toits « refroidissants » ou réfléchissants peuvent bloquer jusqu’à 65 % des rayons du soleil.
  • La foresterie urbaine en renfort : Les arbres d’ombrage peuvent réduire la température de la surface des murs et des bâtiments de plus de 23 °F.
  • Les matériaux de pavage réfléchissants et perméables réduisent la température en surface des chaussées, qui peut atteindre 108 °F en été. (exposition sur les changements climatiques)

Des initiatives d'adaptation ont déjà été entreprises au Canada en réaction et en préparation aux impacts des changements climatiques. Des initiatives d'adaptation ont été entreprises au Canada par des particuliers, des groupes communautaires, l'industrie et les gouvernements. Dans plusieurs cas, elles consistent à adopter des mesures ou des stratégies informelles en réaction à des événements ou à des situations spécifiques, et où les ressources étaient disponibles. Plusieurs initiatives d'adaptation gèrent des risques actuels et tiennent compte des impacts probables des changements climatiques à venir.

Exemples d'initiatives d'adaptation prises au Canada :

  • Dans l'Arctique, les chasseurs utilisent davantage des récepteurs GPS pour faciliter la navigation dans des conditions météo imprévisibles ou difficiles.
  • Les maisons et les chalets sont construits plus loin de la côte.
  • La collectivité d'Arctic Bay, au Nunavut, a modifié une partie de son quota de narvals du printemps vers l'été afin de réduire les risques associés à la débâcle et augmenter les chances de succès de la chasse.
  • Les résidents de Pointe-du-Chêne, au Nouveau-Brunswick, ont aménagé un abri d'urgence en raison de l'augmentation des risques d'inondation et exercé des pressions sur leurs élus pour avoir des chemins d'accès moins vulnérables.
  • Dans plusieurs grands projets de construction d'infrastructures dans le Nord, on emploie des thermosiphons, des appareils de réfrigération autoalimentés, pour refroidir artificiellement le pergélisol en raison des conditions de réchauffement climatique.
  • Des producteurs agricoles souscrivent une assurance-récolte pour compenser les pertes causées par le temps inclément.
  • Dans la ville de Vanderhoof, la Colombie-Britannique collabore avec le Service canadien des forêts à un projet pilote d'évaluation de la sensibilité qui vise notamment à faciliter la planification de l'adaptation aux changements climatiques.
  • Au Nouveau-Brunswick, la Politique de protection des zones côtières établit des marges de retrait pour les structures permanentes et pourrait faciliter le retrait planifié. (http://www.rncan.gc.ca/environnement/adaptation-101/10022)