Champions d'Énergie

AJ Esquega

Coordonnateur de projets, Mashkawiziiwin Energy

Kiashke Zaaging Anishnaabek – Première Nation de la baie Gull, Nord de l’Ontario

Le grand-père d’AJ a toujours souligné l’importance de l’éducation et de l’expérience, alors quand il a vu une occasion de revenir dans sa communauté natale de la Première Nation de la baie Gull dans le Nord de l’Ontario en tant que coordonnateur de projets pour Mashkawiziiwin Energy, il était ravi. « J’étais très enthousiaste et j’ai présenté ma candidature. J’ai mis mon CV à jour, écrit une lettre de présentation, communiqué avec mes références pour les aviser que j’allais bientôt postuler, puis présenté ma candidature en me croisant les doigts. J’ai reçu un appel pour venir passer une entrevue, alors j’ai mis mon meilleur costume et j’ai fait de mon mieux. » Il avait toujours voulu travailler dans sa communauté natale pour améliorer encore plus la qualité de vie des habitants.

Sa petite communauté, la Nation Ojibwe de Kiashke Zaaging Anishnaabek, compte 97 maisons et 13 bâtiments communautaires, et dépend de génératrices au diesel depuis le début des années 1960. Ces génératrices consomment 450 000 litres de diesel par année, et n’ont pas la capacité de soutenir de nouvelles maisons ou de nouveaux services comme des écoles. Il existe aussi un patrimoine énergétique complexe dans cette communauté, depuis la construction d’un barrage qui a transformé le paysage et changé le mode de vie de la Première Nation de la baie Gull. Le projet de micro-réseau pour compenser la consommation de diesel dans la baie Gull est un premier effort de réconciliation entre les gens de la communauté et Ontario Power Generation.

Depuis mars 2017, AJ cherche à faire une différence en travaillant sur ce projet qui vise à équilibrer la production d’électricité à partir du diesel et de l’énergie solaire, ainsi que le stockage de l’énergie, afin de réduire la dépendance au diesel dans la communauté de jusqu’à 25 %, soit 120 000 litres par année. Les avantages ne s’arrêtent pas là. AJ souligne qu’en plus d’avoir réduit les émissions de carbone, la communauté a acquis une précieuse expérience dans le développement de solutions d’énergie propre et a créé de multiples occasions d’emploi : cinq emplois dans la construction et la mise en service, deux emplois d’une durée de trois ans dans le développement et un emploi d’une durée de vingt ans dans les opérations et l’entretien.

Ce projet a connu un grand succès et a attiré de l’attention partout au Canada. Des membres de la communauté ont fait des présentations à plusieurs conférences à travers le pays, ont participé à des discussions d’experts au niveau national et international, ont été filmés pour une série télévisée à venir intitulée « Power to the People », et ont été interviewés pour un documentaire.

Malgré le succès du projet, tout n’a pas toujours été facile pour AJ : « Pour être franc, j’ai parfois eu envie de tout laisser tomber. Je me disais que ça ne valait peut-être pas les cheveux gris, la souffrance, la défaite, mais une voix dans ma tête me disait : ‘Ça va aller, tu vas apprendre quelque chose, ça va aider ta communauté et les prochaines générations.’ » Sa persévérance en dépit des doutes et son dévouement pour améliorer sa communauté pour les générations futures montrent qu’AJ est un vrai champion de l’énergie. Il travaille activement pour faire de sa vision une réalité pour la Première Nation de la baie Gull, une vision qui comprend la technologie propre, des maisons écologiques, une forte présence de la langue et de la culture Anishnaabe, la protection de la terre, des animaux et des plantes, et une communauté qui se réjouit de ses relations étroites dans sa région et partout au Canada.

AJ sait qu’il n’aurait pas pu y arriver seul. « Lumos Energy dirige le programme de formation 2020 Catalyst, qui est spécifiquement conçu pour autonomiser et renforcer les capacités des communautés autochtones à participer à des projets énergétiques. Je me suis inscrit et j’ai suivi la formation, où je suis entré en contact avec des personnes partageant ma vision qui vivent et/ou travaillent dans les communautés des Premières Nations, inuites et métisses partout au Canada. Je suis aussi entré en contact avec des ressources professionnelles et des fournisseurs de services qui peuvent aider ma communauté dans nos projets énergétiques en cours et futurs. Maintenant je me sens capable et fier de servir ma communauté dans ce périple vers l’énergie propre. » Il reconnaît aussi que sa communauté a reçu du financement de sources gouvernementales et privées pour couvrir certains frais, dont le Fonds de développement du réseau intelligent de l’Ontario, le Fonds du patrimoine du Nord de l’Ontario, le programme Énergie propre pour les collectivités rurales et éloignées de RNCan d’Ottawa, le Programme de partenariats énergétiques de la Société indépendante d’exploitation du réseau d’électricité, et le fonds privé LDC Tomorrow.

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