Sources d’énergie

Pétrole

INTRODUCTION

Dans un passé lointain, d’innombrables minuscules créatures marines sont mortes et leurs corps, en s’accumulant au cours de millions d’années, ont formé des couches de sédiments. Au fil du temps, la pression et la chaleur ont transformé ces sédiments en un mélange complexe d’hydrocarbures et autres composés, mieux connu sous le nom d’huile de roche ou pétrole – du latin petra (roche) et oleum (huile).

Société des musées de sciences et technologies du Canada

Société des musées de sciences et technologies du Canada

Après l’Arabie saoudite et Venezuela, le Canada possède les troisième plus grandes réserves mondiales de pétrole brut. Presque toutes ses réserves prouvées de pétrole sont situées dans les sables bitumeux de l’Alberta.

 

EXPOLITER LE PÉTROLE

Le pétrole « classique » est déjà sous forme liquide et remonte naturellement à la surface ou peut être extrait sans être préalablement chauffé ou dilué. Les premiers puits canadiens ont été percés en frappant le sol à coups de perche. Aujourd’hui, les foreuses électriques permettent de transpercer la roche beaucoup plus efficacement.

Certains gisements de pétrole affleurent à la surface, tandis que d’autres sont enfouis à plus de six kilomètres sous le niveau de la mer. Leur épaisseur peut varier de quelques mètres à plusieurs centaines de mètres. Pour extraire le pétrole – « arracher les dragons du sol » comme disent les ouvriers de champs de pétrole –, il faut tenir compte de nombreux facteurs différents : les coûts, le type de pétrole, la localisation et les technologies disponibles.

Le pétrole est enfoui dans le sous-sol, mais il trouve parfois en milieu sous-marin. En général, les plates-formes de forage sous-marin appliquent des méthodes d’extraction similaires à celles utilisées sur terre. Elles possèdent souvent des installations de traitement. Les navires pétroliers transportent les immenses quantités de pétrole de la plate-forme aux raffineries. La conception des navires répond à des impératifs de stockage et de sécurité.

Pêches et océans Canada

Pêches et océans Canada

Le pétrole marin est extrait de gisements enfouis profondément sous la mer. Le forage en mer est une pratique relativement récente, qui a moins de cent ans. En raison du moratoire sur les activités pétrolières dans la zone extracôtière de la Colombie-Britannique, les plates-formes canadiennes sont principalement situées au large de la côte Est du pays. Hibernia, installée dans la zone extracôtière de Terre-Neuve, est la plus grande plate-forme d’exploitation pétrolière du monde.

Certains gisements de pétrole ne sont pas enfermés dans une formation rocheuse, mais se sont infiltrés dans le sable et la terre. Les sables bitumeux sont constitués de trois couches : des grains de sable enrobés dans de l’eau recouverte d’une pellicule de bitume (pétrole lourd). Au fil du temps, des bactéries ont mangé les composés de pétrole brut léger attachés aux grains de sable et n’ont laissé qu’un bitume lourd et difficile à extraire. Les sables bitumeux de l’Alberta occupent une superficie de 140 200 kilomètres carrés – ce qui constitue la plus grande réserve mondiale.

David Dodge

Photo David Dodge, Pembina Institute

Il est indispensable de chauffer les sables bitumeux pour les extraire quand le gisement est très profondément enfoui. Les ingénieurs canadiens sont devenus des experts mondiaux dans l’élaboration de nouvelles méthodes d’extraction du pétrole. Le drainage par gravité utilise de la vapeur injectée horizontalement afin de diminuer la viscosité du pétrole. La vapeur chauffe le pétrole, qui s’écoule plus facilement. Le pétrole lourd est ainsi récupéré dans le gisement à l’aide de pompes.

A mesure donné que les ressources pétrolières classiques du Canada diminuent, le secteur se tourne vers les méthodes secondaires et tertiaires d’extraction, tant dans les puits traditionnels que dans les sables bitumeux. Si ces méthodes permettent d’étendre les réserves de pétrole, elles nécessitent l’utilisation de technologies de pointe et sont onéreuses.

 

UTILISER LE PÉTROLE

La plupart des véhicules fonctionnent au pétrole. Presque la moitié de tout le pétrole extrait est utilisé pour le transport. Le reste sert à fabriquer des milliers de produits : plastiques, peintures, caoutchouc, engrais, pesticides, détergents, teintures, textiles et solvants.

Avantages et inconvénients - Le pétrole classique

Avantages

  • Cette source d’énergie est relativement bon marché et efficiente.
  • Elle est sûre et fiable. 
  • Elle est facile à stocker et à transporter. 
  • Le pétrole est un moteur de l’économie canadienne. 
  • Il génère des revenus de plusieurs milliards pour les provinces et l’État fédéral.
  • Le secteur du pétrole compte des centaines de milliers d’emplois.
  • La demande en pétrole est en hausse.
  • Les technologies d’exploration, d’extraction et de transformation sont bien rodées.
  • D’après l’analyse du cycle de vie, seulement 20 % de gaz à effet de serre sont émis pendant l’extraction et la production de pétrole.
  • Les réglementations gouvernementales protègent l’environnement.
  • Les nouvelles technologies permettent de prolonger la production des champs pétrolifères parvenus à maturité.
  • Les compagnies pétrolières font d’énormes investissements afin de diminuer leur empreinte écologique.

Inconvénients

  • La production de pétrole classique est en déclin. 
  • Le taux de récupération du pétrole classique s’échelonne de 20 à 30%.
  • Le pétrole est responsable de 38,2% des émissions de gaz à effet de serre provenant de l'industrie, et 6,8% des emissions totals du Canada.
  • De ces émissions, 8 % sont dues aux véhicules fonctionnant aux hydrocarbures.
  • La récupération du pétrole non classique est onéreuse, ce qui diminue le rendement du capital investi.
  • L’opinion publique se préoccupe vivement des risques de pollution par les hydrocarbures et de l’impact environnemental des méthodes d’extraction.
  • Les émissions produites par le secteur pétrolier sont en augmentation. 
  • Le traitement et le raffinage des hydrocarbures provoquent le rejet de polluants dans l’atmosphère. 
  • L’industrie du pétrole a un impact sur les sources d’eau locales.

Avantages et inconvénients - Le pétrole marin

Avantages

  • Les réserves de pétrole brut sous-marin sont importantes.
  • Les provinces de l’Atlantique tirent des millions de dollars en revenus de l’exploitation pétrolière en mer. 
  • Il s’agit du plus important employeur pour les habitants des provinces de l’Atlantique. 
  • La réglementation est stricte afin d’assurer la sécurité de la main-d’œuvre et de l’environnement. 
  • Le Center for Offshore Oil, Gas and Energy Research étudie les effets subis par l’environnement, améliorant du même coup nos connaissances sur les océans.

Inconvénients

  • L’exploitation se fait dans des conditions environnementales extrêmement pénibles.
  • Les conditions de travail sont difficiles.
  • Les plates-formes de forage en mer peuvent affecter les écosystèmes marins complexes et fragiles.
  • L’opinion publique se préoccupe vivement des risques de pollution par les hydrocarbures et de l’impact environnemental des méthodes d’extraction.
  • Les déversements de pétrole en mer sont difficiles à contenir et à nettoyer.

Avantages et inconvénients - Les sables bitumeux

Avantages 

  • Grâce à ses immenses réserves, le Canada est un géant en matière d’énergie.
  • Cette source d’énergie est sûre et fiable.
  • Elle est facile à stocker et à transporter.
  • Des réserves prouvées de pétrole de l’Alberta, 99 % sont contenues dans des sables bitumeux.
  • En 2011, le secteur de l’énergie représentait 27,6 % du PIB de l’Alberta.
  • D’après certaines études, en 2020, les sables bitumeux auront généré 174 000 emplois directs dans ce secteur d’activité, en plus des innombrables possibilités d’emplois indirects qui en auront découlé. 
  • En 2035, presque un tiers de la totalité du pétrole non classique produit par les pays non membres de l’OPEP proviendra probablement des sables bitumeux du Canada.
  • Le Canada est un expert dans les technologies d’extraction et de production.
  • Les projets in situ sont moins perturbateurs que les mines à ciel ouvert et représentent 80 % des méthodes d’extraction des sables bitumeux de l’Alberta.
  • Le taux de récupération dans les mines à ciel ouvert est supérieur à 90 %.
  • La méthode in situ utilise les ressources hydriques plus efficacement que la technique à ciel ouvert.
  • En 2008, le secteur employait 145 000 personnes.
  • Le secteur est le principal employeur d’Autochtones du Canada. 
  • On y emploie des migrants originaires d’autres provinces et d’autres pays.
  • L’impact environnemental est atténué grâce aux techniques de remise en état des terres. A date, les organisations de pétroles ont plantés plus de 7,5 million d'arbres.
  • Le secteur a entamé de nouvelles recherches sur le réaménagement des terres boréales et la remise en état des terres.

Inconvénients

  • Les bassins de résidus miniers représentent une superficie de 176 kilomètres carrés et contiennent des métaux lourds et des composés organiques nocifs. 
  • L’industrie des sables bitumeux produit 87 % de gaz à effet de serre en plus par rapport à celle du pétrole classique.
  • Une mine à ciel ouvert nécessite le déplacement de deux tonnes de terre pour produire un baril de bitume.
  • Les mines à ciel ouvert détruisent les muskegs et les forêts boréales aux écosystèmes fragiles.
  • L’exploitation des sables bitumeux a des effets sur l’érosion, la salinité et la fertilité des sols.
  • L’extraction et la valorisation du bitume entraînent le rejet de polluants et de contaminants.
  • L’exploitation des sables bitumeux provoque l’acidification des pluies dans les régions situées sous le vent par rapport aux sites d’exploitation.
  • L’extraction et la transformation du bitume nécessitent du pétrole et du gaz, ce qui contribue à l’épuisement général des ressources non renouvelables.
  • Il faut plus d’eau pour produire du pétrole à partir de bitume que du pétrole classique.
  • En aval des sites d’exploitation, l’eau contient des niveaux élevés d’arsenic, de mercure et d’hydrocarbures aromatiques polycycliques.
  • Un lien a été établi entre les sables bitumeux et le nombre plus élevé de maladies chez les personnes vivant à proximité d’un site d’exploitation.
  • Les exploitations couvrent souvent une superficie immense, menaçant de ce fait la biodiversité locale.
  • Le nombre de hardes de caribous vivant dans la région des sables bitumeux a baissé de près de 50 % depuis 1993.
  • Les poissons du lac Athabasca et de la rivière Athabasca présentent des niveaux élevés de mercure, ainsi que des boursouflures, des lésions et d’autres difformités. 
  • Les poissons sont très touchés par les fluctuations non naturelles du niveau d’eau des rivières, qui sont dues à l’activité industrielle.
  • L’exploitation des sables bitumeux influe sur le mode de vie traditionnel des populations autochtones locales.

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