Perspectives Énergétiques

L’industrie énergétique canadienne à la croisée des chemins? Partie 4

Dans cette publication, je traite du rôle que joue la technologie dans notre futur énergétique. De manière surprenante, des changements technologiques en matière d’énergie qui s’avèrent véritablement transformateurs sont en fait assez rares.

Depuis les années 1900, nous avons vu énormément de changements progressifs de la technologie qui ont rendu l’énergie moins chère, plus accessible, plus fiable et plus propre. Mais nous nous chauffons, déplaçons et éclairons presque de la même façon qu’il y a 100 ans.

Il est intéressant de se demander si les nombreux changements progressifs de la technologie dont nous sommes témoins actuels transformeront plus fondamentalement nos systèmes énergétiques en général, et si c’est le cas, qu’est-ce que cela signifie pour l’industrie énergétique du Canada?

Quelques possibilités :

• Une efficacité de l’usage final vraiment supérieure et même une croissance plus lente de la demande.

• Une combustion plus propre qui inclut la gestion du carbone (qui pourrait entre autres amener la production canadienne d’hydrocarbures au même niveau ou sous la production de la plupart des concurrents), mais aussi plus chère.

• Des sources renouvelables plus fiables et à prix plus concurrentiels.

• Une énergie mieux répartie, c’est-à-dire gérée en fonction de la demande ainsi qu’en incluant des sources locales. Cette dernière série de mesures pourrait être la plus transformatrice de toutes.

Qui sait dans quelle direction la technologie énergétique évoluera?

Il est raisonnable d’avancer que les produits énergétiques qui sont ceux que nous possédons en abondance au Canada, qui contiennent du carbone et que les consommateurs brûlent pour produire des gaz à effet de serre, seront notre principale source énergétique pour encore longtemps.

Mais la tendance de fond est assez claire. Les effets combinés des changements technologiques comme pour toutes les autres industries, le coût de la gestion, la gestion de la pollution, la gestion des gaz à effet de serre, et la résistance de la population face aux développements énergétiques classiques auront tendance à fonctionner dans un seul sens. Comme nous le voyons avec le déclin de l’intensité de l’énergie et avec l’émergence des sources d’énergies renouvelables, locales ou autres, le paquet des services énergétiques proviendra toujours du capital, de la technologie et du savoir-faire, et se rapprochera des matières premières.

En résumé, toutes ces forces combinées créent de nombreuses occasions et même défis pour l’industrie de l’énergie et pour les décideurs politiques au Canada.

Alors que nous réfléchissons à ce que nous pouvons faire pour y remédier, il faut simplement que nous restions humbles.

Réconcilier nos attentes en matière énergétique et climatique permettra de transformer nos systèmes énergétiques des 100 dernières années. Mais la révolution électrique et celle des moteurs à combustion interne viennent tout juste de se produire, entrainées principalement par les forces du marché. Les politiques publiques y ont participé, mais personne n’y a vraiment prêté attention. Puis, si certains citoyens et consommateurs l’ont remarqué, ils y ont vu de nombreux avantages, mais pas leur coût.

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