Perspectives Énergétiques

L'industrie énergétique canadienne à la croisée des chemins? Partie 2

Dans mon analyse continue du futur énergétique du Canada, je veux parler de plusieurs facteurs ou forces qui, combinés, pourraient en effet être des agents transformateurs : les marchés d’utilisateurs finaux (c’est-à-dire la demande); le climat et le carbone; la confiance du public; et la technologie.

Commençons par la demande.

Au Canada et ailleurs, les discussions sur l’énergie se concentrent presque toujours sur les problèmes d’offre. D’une façon ou d’une autre, la demande continuera d’augmenter et nous aurons besoin de toutes les sources énergétiques existantes. Et oui, l’efficacité énergétique s’améliorera, mais la demande sera toujours en pleine expansion.

Pendant ce temps, dans le monde réel, l’intensité énergétique des pays de l’OCDE a diminué de plus d’un tiers au cours des trois dernières décennies, et cette tendance ne semble pas s’arrêter. L’analyse de 2015 de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) basée sur des études de cas suggère que quelques économies (OCDE) ont peut-être atteint un point de saturation de leur demande en termes de services énergétiques, et qu’en fait, la demande de l’OCDE diminuerait légèrement d’ici 2040. Nous vivons dans un monde à deux vitesses : l’histoire des marchés émergents est différente, et des prévisionnistes réputés envisagent tous une croissance substantielle de la demande mondiale d’ici 2040.

Peut-être.

Et si la croissance économique des marchés émergents était en fait plus lente que ce qu’on avait prévu? Et si les facteurs environnementaux locaux, notamment la qualité de l’air en ville, forçaient des changements radicaux dans les secteurs de la production d’électricité et du transport dans des pays tels que la Chine et l’Inde? Et si les marchés émergents trouvaient le moyen de sortir du cauchemar des subventions énergétiques aux consommateurs dans lequel beaucoup se trouvent pris au piège? Et si les marchés émergents suivaient une trajectoire de croissance de la demande très différente de celles des pays de l’OCDE, et s’ils déployaient plus rapidement des technologies d’utilisation finale efficaces et des sources d’énergie renouvelables?

En résumé, tous les producteurs canadiens de pétrole, de gaz et d’électricité souffrent de marchés canadien et nord-américain à faible croissance.

Le secteur de la production d’électricité tire son potentiel de croissance de sa prise de parts de marché national dans ce qui a été nommé un « processus d’électrification intense ». Les perspectives pourraient être meilleures dans le secteur du pétrole et du gaz si nous pouvions accéder à d’autres marchés que celui de l’Amérique du Nord. Mais il y a de nombreuses raisons pour lesquelles il faut être attentif aux occasions potentielles, dont les possibilités listées ci-dessus qui pourraient ralentir la croissance de la demande et faire que les sources d’approvisionnement alternatives à la fois fossiles et non fossiles, nous volent des parts de marché ou concurrencent l’offre canadienne.

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