Perspectives Énergétiques

Énergie essentielle : partie II

Dans un billet précédent, j'ai donné mon opinion sur l’importance cruciale de l'énergie pour nous et notre société. J'ai décrit comment elle peut devenir une question de vie ou de mort sans un approvisionnement fiable ou un accès à l'énergie. J'espère avoir réussi au moins un peu à vous convaincre que l'énergie est importante. Mais je n'ai pas répondu à la prochaine question évidente : comment produire, exploiter et conserver notre électricité?

Il y a une foule d'options lorsque nous commençons à réfléchir à la façon dont nous alimentons nos vies. Nous allons limiter un peu la conversation en examinant une vue d'ensemble : notre façon d'alimenter nos villes, nos usines, nos bureaux, nos hôpitaux et nos maisons. Certaines sources d’énergie telles que le pétrole, le charbon, le gaz naturel, l'hydroélectricité et le nucléaire viennent à l'esprit. De plus en plus, nous entendons parler de sources d'énergie renouvelables comme la biomasse ou l'énergie éolienne, solaire et marémotrice. Chacune comporte ses propres forces et ses propres défis. La simple vérité est qu'il n'y a pas de réponse facile lorsqu'il s'agit de produire de l'énergie. S'il en existait une, nous n’aurions pas besoin d’avoir cette conversation.

Il existe de plus en plus de preuves concernant les effets des gaz à effet de serre sur le climat. Par la combustion de combustibles fossiles, nous augmentons le carbone dans l'atmosphère, augmentant ainsi la température mondiale moyenne et le niveau de la mer, et modifiant les conditions météorologiques partout sur la planète. L'Organisation des Nations Unies, parmi beaucoup d'autres, préconise des mesures strictes pour limiter l’augmentation de la température mondiale à 2 degrés. À ce stade, on craint de ne pas avoir les règlements ou la volonté mondiale nécessaires pour atteindre ces objectifs. Si nous acceptons l'importance de réduire les émissions de carbone, limiter notre consommation de combustibles fossiles devient presque automatique.

Pour réduire nos émissions de carbone, nous devons nous tourner vers des sources d'électricité à faible émission : le nucléaire, l'hydroélectricité et les énergies renouvelables. L’énergie hydroélectrique, qui produit de l'électricité en déplaçant l'eau, est une option attirante. Elle est largement utilisée au Canada; la plupart des provinces ont des capacités de production d'hydroélectricité importantes et en tant que pays, nous sommes des chefs de file mondiaux dans la production hydroélectrique. 60 % de l'énergie canadienne provient de l'hydroélectricité!

Les énergies renouvelables, comme l'énergie éolienne ou solaire, sont une autre solution, produisant des émissions de gaz à effet de serre très faibles. Cependant, un trait incontournable est l’intermittence, c'est-à-dire qu'elles ne fonctionnent pas tout le temps : le vent n'est pas constant et le soleil ne brille pas toujours. Des options de stockage existent, mais à ce jour, elles sont incapables de répondre à une demande à grande échelle. Un système basé sur les énergies renouvelables a besoin d'une source d'alimentation alternative, souvent du gaz naturel. Une étude récente a montré qu’en raison de ce besoin de complémenter le vent avec le gaz naturel, l'empreinte de carbone totale du vent (calculée en utilisant l’analyse du cycle de vie) est à peine meilleure que celle du gaz seul.

Selon moi, l'énergie nucléaire présente l'argument le plus solide. Elle n'est pas intermittente, ce qui lui permet de répondre aux besoins énergétiques de base. Elle n'émet pas de gaz à effet de serre lors du fonctionnement, et au cours de son cycle de vie, elle se compare très étroitement à l'énergie éolienne.

Des questions sont soulevées à juste titre concernant la gestion du combustible nucléaire irradié. Actuellement, la totalité du combustible irradié du Canada est stockée en toute sécurité dans des installations d'entreposage à moyen terme sur le site des centrales. Un groupe indépendant, la Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN), est chargé de trouver une solution de gestion permanente à long terme. L'idée actuelle est de placer le combustible usé dans des installations de stockage souterraines sécurisées, très semblables à une mine sur mesure (connu comme un dépôt en formation géologique). La SGDN travaille avec les communautés partout au Canada pour étudier les options afin de développer et de construire une telle installation.

Certaines personnes critiquent le coût de l’énergie nucléaire, disant qu'il est trop élevé. Mais si l'on considère le coût sur la durée de vie d'une centrale (30 à 60 ans), l’énergie nucléaire s’avère l'une des sources d'énergie les plus rentables qui soient.

Nous utilisons tous l'énergie et nous en avons tous besoin. Nous avons toujours vécu avec les compromis entre différentes technologies, mais aujourd'hui les enjeux sont tels que nous ne pouvons continuer à rejeter du carbone dans l'atmosphère sans penser aux conséquences. Puisque chaque choix comporte des avantages et des inconvénients, la solution sera probablement une combinaison d'hydroélectricité, de nucléaire et d'énergies renouvelables avec un système alternatif au gaz naturel durant les périodes de demande élevée. Lorsqu’on commence à s’informer, il est terriblement difficile de ne pas considérer l'énergie nucléaire comme un moyen important et écologiquement rationnel de répondre aux besoins énergétiques croissants de la planète.

comments powered by Disqus