Perspectives Énergétiques

Conduire le passé retrouvé — Partie III

Devant les préoccupations énergétiques mondiales, plusieurs fabricants automobiles produisent des voitures électriques et hybrides pour devenir écoénergétiques et durables. Plusieurs croient que les voitures électriques ont un avenir prometteur. Carrington White, une étudiante de quatrième année en histoire et sciences politiques à l'Université d'Ottawa, explique que les véhicules électriques ont un passé qui a été oublié.

L'essor de la machine verte

À la fin des années 1980, les Canadiens commençaient à réaliser que les émissions de dioxyde de carbone, le réchauffement planétaire, les gaz à effet de serre et les émissions des combustibles fossiles représentaient un sérieux problème. En réponse aux préoccupations internationales pour l'environnement, plusieurs organismes régionaux ont commencé à introduire des politiques environnementales. En 1990, le California Air Resources Board (CARB) promulguait une loi exigeant que 10 % des voitures vendues en Californie soient des voitures à émissions nulles d'ici 2003. Pour atteindre ces cibles, les fabricants automobiles ont commencé la production à contrecœur, inaugurant la troisième vague de véhicules électriques.

Deux voitures ont été sérieusement commercialisées pour répondre aux demandes de la loi californienne exigeant des véhicules à émissions nulles. En 1992, Ford lançait l'Ecostar, qui utilisait une batterie sodium-soufre et avait une autonomie de 160 km. En 1996, General Motors lançait l'EV1 qui avait une autonomie de 145 km avec un moteur alimenté par une batterie plomb-acide. En 1998, les deux fabricants avaient cessé la production des véhicules en raison d'un manque de demande du public. En 1998, le California Air Resource Board a été contraint de réduire ses cibles d'émissions de 10 % à 4 %, et de 4 % à 2 % en 2001. À la suite de ceci, le CARB a mis l'accent sur les véhicules à émissions partielles plutôt qu'à émissions nulles, mieux connues aujourd'hui sous le nom de véhicules hybrides. Toyota a été le premier fabricant automobile à reconnaître volontairement et activement que les moteurs à combustion, en particulier ceux alimentés aux combustibles fossiles, représentaient une large part des gaz à effet de serre.

Harry_nl, General motors EV1 in Oxnard, CA, 17 mars 1997 via Flickr sous licence Creative Commons 

« Vous l'avez demandé, vous l'avez, Toyota »

Les véhicules électriques et hybrides avaient été critiqués pour leur prix trop élevé pour l'individu moyen. En 1998, Toyota commençait la production de masse d'un véhicule hybride appelé la Prius. Ce faisant, ils ont rendu la voiture hybride abordable pour le consommateur moyen et ont créé un grand marché. Les voitures hybrides comme la Prius sont alimentées par une batterie jusqu'à son épuisement, après quoi le moteur à essence est engagé. Le manuel de l'utilisateur de la Prius explique que : « la Prius est un nouveau type de voiture qu'on appelle hybride, combinant un moteur à essence sophistiqué et un puissant moteur électrique. Le système d'alimentation de la Prius est entièrement intégré. Ainsi, contrairement aux véhicules entièrement électriques, la Prius n'a jamais besoin d'être rechargée à partir d'une source externe.[1] » En raison de la capacité d'autochargement de la Prius et de sa production de masse, les gens de partout dans le monde la considèrent comme une automobile abordable et pratique.

En octobre 1998, la Toyota Prius a été introduite au Canada, au Musée des sciences et de la technologie du Canada à Ottawa en Ontario. Elle a eu beaucoup de succès, avec 14 000 voitures vendues au Canada et 1,7 million dans le monde. Depuis ce temps, la Prius est devenue la voiture hybride la plus vendue sur le marché, et elle a joué un rôle important dans le développement des véhicules électriques et hybrides. La Prius a aussi aidé à rendre les voitures électriques plus acceptables socialement. Selon l'Association canadienne des automobilistes, il existe trente-et-une automobiles hybrides disponibles au Canada aujourd'hui. Ceci représente une amélioration, mais les voitures électriques sont encore relativement peu nombreuses par rapport à leurs cousines à essence, reflétant le peu de progrès effectué depuis 1881 pour obtenir la confiance du public dans ces véhicules. La sécurité, le coût, l'accessibilité des stations de chargement, la vitesse et l'autonomie demeurent des préoccupations importantes pour les gens considérant une voiture électrique.


Toyota Prius entreposée au Musée des sciences et de la technologie du Canada (SMSTC/2002.0351.001.aa.cs)

« Aller de l'avant »

L'historiographie de l'automobile a largement omis l'étude du véhicule électrique. Bien que plusieurs croient que les technologies modernes ont entraîné la création du transport électrique et hybride, ceci ne correspond pas à la réalité : les véhicules électriques et hybrides remontent à la fin des années 1880. L'historiographie de l'automobile a largement omis l'étude du véhicule électrique. Bien que plusieurs croient que les technologies modernes ont entraîné la création du transport électrique et hybride, ceci ne correspond pas à la réalité : les véhicules électriques et hybrides remontent à la fin des années 1880. Le fait qu’il ne soit pas accepté socialement, la production limitée, et une tradition de dépendance au pétrole bon marché ont tous contribué à un manque d'intérêt pour le véhicule électrique. Nous ne pouvons affirmer sans l'ombre d'un doute que les voitures électriques représentent la voie de l'avenir, mais elles constituent un pas important dans une direction plus durable que nous ne pouvons nous permettre d'ignorer.


[1] Toyota Motor Corporation, Manuel d'entretien de la Toyota Prius, 1998, CSTM Trade Lit L42547.

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