Perspectives Énergétiques

Conduire le passé retrouvé — Partie II

Devant les préoccupations énergétiques mondiales, plusieurs fabricants automobiles produisent des voitures électriques et hybrides pour devenir écoénergétiques et durables. Plusieurs croient que les voitures électriques ont un avenir prometteur. Carrington White, une étudiante de quatrième année en histoire et sciences politiques à l'Université d'Ottawa, explique que les véhicules électriques ont un passé qui a été oublié.

« Désolé, pas d'essence aujourd'hui »

 Ceci pourrait vous surprendre, mais en 1973, ces affiches étaient vues fréquemment dans les stations-service nord-américaines. La guerre du Kippour avait capturé l'attention mondiale et l'embargo pétrolier en résultant, imposé par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) dans le but préserver la paix, a grandement affecté les nations appuyant l'effort militaire israélien. Avant cet embargo, la majorité des Canadiens ignoraient la complexité des sources d'énergie et leur importance dans l'économie mondiale.

Photographe inconnu, Line at the Gas Station, 15 juin 1979, via Google Images, sous licence Labelled for Reuse

En dépit de ses importantes réserves pétrolières, le Canada comptait principalement sur le pétrole importé des pays arabes. Ceci a rendu le Canada extrêmement vulnérable aux fluctuations des marchés étrangers. Le prix du pétrole a quadruplé, causant un chômage écrasant et mettant l'économie canadienne en danger de récession.

« Une nouvelle industrie canadienne »

À la suite du choc pétrolier, il y a eu une recrudescence de l'innovation en transport personnel. Au Québec, Luis Gyory a créé la Marathon Electric Co., fabriquant des véhicules électriques y compris des voiturettes de golf, des automobiles personnelles et de l'équipement industriel. En 1975, la Marathon C-300 a été lancée sur le marché canadien. Son système de contrôle électrique était unique sur le marché électrique de l'époque, produisant peu de perte énergétique et atteignant une vitesse significative à un coût minime pour la batterie.

The private and public sectors believed that creating a Canadian industry would help relieve the dependence on foreign oil imports so in 1975, Petro-Canada was established. Its mandate was to encourage Canadian exploration for and research of fuel and other energy sources, as well as to enhance federal control over the development and security of oil in Canada.

In Quebec, Marathon Electric believed that one solution to the geo-political risks of foreign oil and the country’s growing energy needs was “a wholly owned Canadian company, and that is the final development and growing use of electric powered vehicles”[1].  Luis Gyory felt that “With eight years of experience in the design and manufacture of electric vehicles… we believe that we have the basis for the establishment of a viable new Canadian industry”.

Oanababy, Petro-Canada, 2 juin 2007 via Flickr, sous licence Creative Commons 

Le géant vert se lève de nouveau

En 1975, le Canada et les États-Unis développaient des agences gouvernementales, comme le Conseil du véhicule électrique nord-américain, pour aider au développement, aux contrôles et à la certification de véhicules électriques pour l'utilisation publique et privée. En 1980, l'Université du Wisconsin ont évalué que 330 000 automobiles électriques avaient été vendues aux États-Unis seulement. Bien que ces données ne puissent être directement appliquées au Canada, il est probable que le marché du Canada pour les véhicules électriques était proportionnel.

(SMSTC/1983/0440.001.aa.cs)

La Marathon Electric Co. a profité de cette croissance de l'industrie de l'automobile électrique. En 1978, ils avaient vendu plus de six cents véhicules électriques. Il est intéressant de noter que la sécurité et la commodité étaient toujours une préoccupation pour les acheteurs plus d'un demi-siècle après la parution de la C-300, malgré un manuel de sécurité détaillé et les allégations que la C-300 était « sécuritaire, fiable et facile à utiliser[1]. » La méconnaissance, les préoccupations concernant la sécurité et le coût du véhicule étaient probablement les raisons expliquant les faibles ventes de véhicules électriques. Néanmoins, la Marathon C-300 a grandement contribué à l'efficacité énergétique et au transport alternatif au Canada.

 Le véhicule électrique était de retour au Canada et son succès, ou son manque de succès, a grandement découlé de préoccupations économiques liées aux combustibles fossiles, aux pénuries de carburant, à la dépendance aux importations étrangères et aux besoins énergétiques croissants du pays. La voiture électrique n'était pas la bonne réponse pour le Canada à l'époque, mais des inquiétudes croissantes concernant la responsabilité environnementale allaient remettre cette innovation sous les projecteurs.



(CSTMC/1983.0040.001.ab.cs)

[1]Marathon Electric Car Ltd., Manuel d'entretien de la Marathon C-300, 1975, CSTM Trade Lit L34756, L39489.

[2] Ibid.

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