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Parlons énergie avec… Mike Scott de Nexterra Systems Corp.

Pour l’entreprise de Vancouver Nexterra Systems Corp., l’écologie ne se résume pas à la réduction des émissions de gaz à effet de serre – il faut modifier notre façon de penser la production d’énergie. Nous avons discuté avec Mike Scott, président et chef de la direction, afin d’en savoir plus sur la technologie de gazéification mise au point par son entreprise pour transformer les déchets de bois urbains en un gaz de synthèse utilisé au lieu du gaz naturel à l'Université de la Colombie-Britannique. Cette solution a l’énorme potentiel de fournir une source d’énergie propre, fiable et locale aux établissements, aux clients industriels et aux producteurs d’électricité.

Comme décririez-vous votre technologie?

MS : En un mot, nous produisons de l’énergie à partir de déchets. Plus précisément, nous concevons des systèmes transformant la biomasse organique – surtout les copeaux de bois et d’autres déchets de bois – en un gaz que nous appelons « gaz de synthèse », qui peut être utilisé, comme le gaz naturel, pour produire de la chaleur et de l'électricité.

Comment l'Université de la Colombie-Britannique utilise-t-elle cette technologie?

MS : Nous travaillons avec l'UBC sur la démonstration commerciale de notre solution de production combinée de chaleur et d’électricité, qui allie nos systèmes de gazéification et de traitement du gaz synthétique à un moteur à combustion interne à haut rendement conçu par GE Energy. En plus d’alimenter les chaudières du campus avec notre gaz de synthèse brut, nous épurons et améliorons le gaz de synthèse pour qu’il puisse être utilisé par le moteur Jenbacher de GE, qui produit de l'énergie électrique. Ce faisant, nous réduisons de 12 % la consommation de gaz naturel de l'Université, ce qui représente pour elle des économies sur le coût du carburant à long terme.

Nous formons l’une des rares entreprises dans le monde à pouvoir réaliser la gazéification à petite ou moyenne échelle à l’aide de déchets d’origine locale – et à pouvoir le faire de façon à la fois fiable et économique

 

Le gazéifieur de Nexterra transforme les déchets de bois en gaz de synthèse combustible, qui peut alimenter les chaudières du campus ou être amélioré pour permettre son utilisation dans un moteur produisant de l’électricité. (L'image est indisponible en français).

 

Quels sont les avantages de cette technologie pour l’environnement?

MS : En réduisant la demande de gaz naturel et d’autres combustibles fossiles, notre technologie a le potentiel de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre. À l'Université de la Colombie-Britannique, nous avons réduit ces émissions de 5 000 tonnes de CO2 par année.

Mais il ne s’agit pas du principal argument de vente, n’est-ce pas?

MS : Non. Selon moi, le plus grand avantage de notre technologie, c’est qu'elle rend possible l’utilisation de matière première d’origine locale pour produire une énergie propre et fiable, à une échelle permettant sa consommation sur place. Comme nos systèmes sont relativement petits, nous pouvons produire de la chaleur et de l’électricité au niveau du district ou du quartier. À l’UBC, notre système est placé au centre du campus, à côté d'une résidence, et l'énergie et la chaleur qui sont produites sont utilisées sur le campus même. De plus, comme nos systèmes sont remarquablement propres, ils n’entraînent que très peu de répercussions sur les gens et l’environnement. C’est ce qui importe réellement, pouvoir produire une énergie qui répond à la demande locale, sans nuire à la collectivité, tout en réduisant la dépendance aux combustibles fossiles.

Quel a été votre plus gros défi jusqu’à maintenant?

MS : Le défi le plus considérable vient tout juste d’apparaître, au cours des deux ou trois dernières années. Le prix du gaz naturel a diminué d’environ 70 % par rapport à son sommet, atteint en 2008, ce qui diminue l’efficacité de l’argument économique pour convaincre les gens d’utiliser les matières premières renouvelables tirées des déchets. Nous devons donc composer avec les répercussions de ce changement important du marché de l’énergie nord-américain. Mais nous sommes toujours convaincus que de nombreuses possibilités s'offrent à nous, étant donné que la qualité de l’air et la production durable d’énergie sont des enjeux importants pour de nombreuses collectivités.

Regard vers l’avenir

La situation en Amérique du Nord étant peu propice, Scott est d’avis que le marché mondial sera la clé du succès de l’entreprise. En plus des sept systèmes installés au Canada et aux États-Unis, Nexterra est en train de construire sa première centrale au Royaume-Uni.

« Nous consacrons beaucoup d’importance à la croissance internationale, particulièrement sur les marchés européen et asiatique, où les prix de l’énergie sont encore élevés, dit-il. Si nous avons cette possibilité de commercialiser notre technologie à l'échelle mondiale, c'est grâce au soutien de nos partenaires comme TDDC et au travail remarquable réalisé par mon équipe. Celle-ci a surmonté les obstacles qui se dressent quand une entreprise comme la nôtre cherche à mener plusieurs projets de l’étape de la démonstration jusqu’à celle de la commercialisation, tout en ne perdant pas de vue notre priorité, qui est d’offrir une réelle valeur à nos clients. »

 

 

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