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Parlons énergie avec... Scott Nelson, Titanium Corporation

Une fois que les sables bitumineux sont transformés en bitume, le produit dérivé (un mélange d’eau, de sable et de pétrole résiduel) est déposé dans des bassins de résidus. Pourtant, ces déchets contiennent encore des éléments de valeur. Scott Nelson, président et chef de la direction de Titanium Corporation, explique la façon dont sa compagnie récupère des minéraux précieux qui autrement seraient perdus — et réduit l’empreinte carbone de l’industrie des  sables bitumineux.

Comment votre technologie s’insère-t-elle dans le processus d’exploitation des sables bitumineux?

SN : Notre objectif est d’optimiser la valeur des éléments de rebut déposés actuellement dans des bassins de résidus. L’étape finale de l’extraction du bitume se déroule dans ce que nous appelons l’usine de traitement de l’écume — mais plutôt que de laisser l’usine rejeter ses rebuts directement dans un bassin de résidus, nous détournons son pipeline vers nos installations où nous effectuons un deuxième traitement des rebuts. En utilisant une combinaison de processus industriels tels que le cyclonage, la flottation et la séparation gravitationnelle, nous sommes en mesure de récupérer des matières très valables des bassins de résidus, notamment du bitume résiduel, des solvants et des minéraux lourds tels que le zircon et le titane.

Nous aimons dire que notre technologie offre trois types de résultats : elle produit des améliorations sur les plans de l’économie, de l’environnement et de la responsabilité sociale.

Après la récupération de l’eau et du bitume dans une usine de traitement, le concentré de minéraux lourds qui en résulte est séparé pour récupération d’éléments valables tels que le zircon

De quel genre de bénéfices pour l’environnement parlons-nous?

SN : En interceptant le pétrole, les solvants et d’autres matières avant qu’elles atteignent les bassins de résidus, notre technologie permet de réduire les émissions de composé organique volatil (COV) des bassins d’environ 70 pour cent et les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’environ 10 pour cent. Et en améliorant la qualité de l’eau rejetée dans les bassins de résidus, une quantité plus grande de cette eau peut être recyclée dans les opérations des sables bitumineux, ce qui réduit d’environ 20 pour cent le besoin d’utilisation d’eau fraîche de la rivière.

Qu’est-ce que tout cela signifie pour les Canadiens?

SN : Certaines personnes parlent d’une « écologisation » des sables bitumineux — ce qui représente certainement un aspect de la réponse aux défis que nous devons affronter en Alberta. En faisant appel à une technologie durable pour réduire l’empreinte environnementale de l’industrie des sables bitumineux et améliorer la façon dont elle fabrique ses produits, nous soutenons la cause du pétrole canadien qui cherche à percer de nouveaux marchés aux États-Unis et partout dans le monde.

Quel est l’aspect le plus génial de ce projet?

SN : Actuellement, tout ce qu’on sait généralement des sables bitumineux de l’Athabasca c’est qu’ils sont une source de pétrole. Mais la plupart des gens ignorent que ces sables peuvent aussi devenir la source mondiale la plus écologique de production de titane, de zircon et d’autres minéraux. Plus écologique, parce que les minéraux ont déjà été extraits, et par conséquent leur production n'exige aucune autre activité minière. Tout ce que nous avons à faire, c’est d’aller les récupérer dans les bassins — et de créer ainsi une nouvelle industrie d’exportation de minerais pour le Canada.

Regard vers l’avenir

Quel est le plus grand défi que doit affronter Titanium Corporation? Le long cycle de développement et de commercialisation qui accompagne une vaste industrie complexe comme celle des sables bitumineux. Mais après plus de huit ans de recherche et développement et plus de 80 millions de dollars investis par les actionnaires et les partenaires gouvernementaux, y compris Technologies du développement durable Canada, M. Nelson dit que cette technologie est prête à prendre son envol.

« Nous venons de terminer des projets pilotes de démonstration qui se sont déroulés sur plusieurs années », dit-il. « Nous travaillons maintenant avec les entreprises qui exploitent les sables bitumineux, pour leur montrer ce que représenterait la mise en œuvre de notre technologie sur leurs sites — et pour chercher à déterminer quelle entreprise adoptera la première cette technologie. Ce processus de planification prendra du temps également, mais nous avons grandement confiance en la viabilité de notre solution pour une industrie très importante au Canada. »

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