Perspectives Énergétiques

D'une autre perspective

Et maintenant, une perspective énergétique un peu drôle. Il y a quelques mois, Tyler Z. a posé à Nova Scotia Power, la compagnie de production et de distribution d’électricité de la Nouvelle-Écosse, la question suivante :

Si les zombies envahissaient la Terre, pendant combien de temps pourriez-vous fournir de l’électricité aux survivants humains? Les éoliennes continueraient-elles à fonctionner?

Voici la réponse géniale de Nova Scotia Power :

Bonjour Tyler. C’est une bonne question!

Nous pensons être prêts à réagir si jamais un jour les zombies nous envahissent.

Le réseau électrique est un système complexe constitué de dizaine de milliers de kilomètres de poteaux, de câbles et de matériel reliant les centrales électriques, les parcs d'éoliennes et d’autres générateurs d’électricité aux maisons et aux entreprises de toute la province. Son fonctionnement nécessite beaucoup d’opérations manuelles, mais nous pourrons fournir un certain niveau de service aussi longtemps que nous pourrons assurer notre approvisionnement et que nos employés survivront aux hordes de zombies. Bien sûr, nous ne pouvons rien garantir, mais dans l’éventualité où l’humanité serait complètement anéantie et réduite à quelques groupes de survivants, nous ferons tout ce que nous pourrons, aussi longtemps que nous le pourrons.

Produire l’électricité

Vous avez raison de dire que les éoliennes continueront à tourner, même si, avec le temps, elles finiront par tomber en panne faute d’entretien. Cependant, une éolienne a besoin d’autres matériels pour envoyer son électricité sur le réseau, et certains d’entre eux nécessitent une intervention manuelle pour fonctionner, ce qui pourrait poser des problèmes. Autre chose : le vent ne permet pas de produire constamment de l’électricité, car il ne souffle pas en permanence. Parfois, il nous permet de générer beaucoup d’électricité, et dans d’autres cas, notre production est très faible, voire tout à fait nulle. Actuellement, nous pouvons suppléer au manque de vent par le charbon et le gaz naturel. Nous pourrons aussi utiliser notre centrale alimentée à la biomasse quand celle-ci sera opérationnelle l’an prochain. Cependant, pour continuer à produire de l’énergie à partir de ces sources, nous aurons absolument besoin d’un apport continu en combustible. En principe, nous conservons sur place, dans nos centrales, une réserve de charbon qui nous permet de tenir plusieurs semaines. En revanche, le gaz naturel est acheminé par gazoduc et n’est pas entreposé. De son côté, la biomasse est simplement constituée de déchets de bois. Donc, si nous avons suffisamment de personnes pour rassembler de la biomasse dans les environs de notre centrale, il se peut que nous soyons capables de la maintenir en activité. Toutefois, en ce qui concerne le charbon et le gaz, un effondrement complet de la société telle que nous la connaissons remettrait sérieusement en question notre capacité à assurer un approvisionnement adéquat pour ces combustibles. Apparemment, l’un des avantages que nous n’avions pas envisagé en nous détournant progressivement des combustibles fossiles au profit des sources d’énergie renouvelable a été d’accroître nos chances de pouvoir fabriquer et acheminer de l’électricité pendant une invasion de zombies, et après.

Bien sûr, il ne faudra pas seulement se préoccuper des centres de production d’électricité. L’un des éléments clés de notre fonctionnement est le centre de contrôle, qui permet de produire la quantité adéquate d’électricité et de distribuer celle-ci aux Néo-Écossais en temps opportun. À partir de ce centre, nous pouvons également contrôler à distance certaines centrales hydroélectriques, ce qui signifie que nous pourrons continuer à produire de l’électricité dans ces installations fonctionnant uniquement grâce à l’eau des fleuves. Qui plus est, le centre de contrôle est un site très sécurisé, doté d’un personnel hautement qualifié et très consciencieux, qui travaille à l’intérieur d’un bâtiment protégé par de hautes clôtures. Si nous parvenons à empêcher les légions de cadavres ambulants d’accéder à ce centre de contrôle et à quelques-unes de nos centrales, il y a de bonnes chances pour que nous puissions résister et continuer à produire une certaine quantité d’électricité pendant quelque temps.

Distribuer l’électricité

Vous avez probablement déjà compris que le réseau de transport et de distribution de l’électricité sera lui aussi menacé. Sans un entretien adéquat, les infrastructures tomberont en panne à la longue, mais elles devraient néanmoins tenir un certain temps – du moins assez longtemps pour que les humains survivants se regroupent et organisent la résistance. Bien sûr, avec un nombre limité de personnel et la peur constante d’être dévorés, nous ne serons probablement pas en mesure d’intervenir et de réparer les pannes d’électricité aussi rapidement qu’aujourd’hui. Même si nous ne pourrons pas surveiller les nombreux réseaux de lignes électriques, celles-ci ont été conçues selon des normes de sécurité rigoureuses, qui placent les câbles à haute tension largement hors de portée des humains, ce qui offre également l’avantage de les mettre hors d’atteinte des zombies, qui eux n’ont pas à redouter les effets d’une décharge de 80 000 volts.

Rester en vie et devenir le dernier rempart de l’humanité

Même si nous mettons tout en œuvre pour réduire notre dépendance à l’égard du charbon, nous continuons à utiliser ces centrales, qui constitueront probablement des refuges sûrs pour les survivants en cas d’invasion de zombies. Si les séries télévisées et les films nous ont appris quelque chose, c’est que rien n’arrête mieux les zombies qu’une solide clôture, et nous en avons beaucoup. Comme nos employés ont un grand sens du devoir, nous espérons qu’un bon nombre d’entre eux amèneront leur famille à l’intérieur de nos enceintes et continueront à faire fonctionner les installations. Si vous parvenez à atteindre l’une de nos centrales sans être infecté (la sécurité est toujours notre priorité absolue), nous vous accueillerons volontiers avec votre famille pour rejoindre notre petite poche de résistance. Au fil du temps, nous aurons absolument besoin d’ingénieurs. Donc, si vous en croisez un sur votre route et que celui-ci n’a pas été mordu par les zombies, nous l’accueillerons aussi avec plaisir. Après avoir fortifié nos installations, nous commencerons à chercher les meilleurs moyens d’assurer la fourniture d’électricité et d’aider les Néo-Écossais à se défendre contre ces morts-vivants mangeurs de cervelle.

Peu de gens savent que nous produisons de l’eau douce dans beaucoup de nos centrales électriques. Nos gros générateurs à charbon et au gaz naturel ont besoin d’une grande quantité d’eau pure pour bien fonctionner. Ainsi, nous avons des laboratoires comme celui de l’image ci-dessous, qui est situé à Tufts Cove dans la région de Dartmouth, pour éliminer tous les contaminants présents dans l’eau de mer et autre avant que l’eau soit envoyée dans les chaudières qui produisent la vapeur faisant tourner les turbines. Nous pensons que nous pourrons utiliser une partie de ce matériel pour fournir de l’eau potable aux survivants humains.

 

Nos centrales électriques sont toutes très bien sécurisées, mais notre installation la plus impénétrable pour les zombies est la centrale hydroélectrique Wreck Cove, dans les hautes-terres du cap Breton. Située à l’écart de toute agglomération, cette centrale est enfouie à 275 mètres sous terre et on y accède grâce à un tunnel de 620 mètres. Comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous, la centrale est relativement isolée et sera facile à fortifier. Plusieurs employés travaillant actuellement dans cette installation maîtrisent parfaitement les techniques de la survie en pleine nature et pourront s’aventurer à l’extérieur pour trouver des victuailles et aider à protéger les gens qui se trouvent à l’intérieur.

 

Merci encore pour votre intérêt et votre sollicitude, Tyler. Nous espérons que cette réponse vous a rassuré et que nous pourrons compter sur votre aide le moment venu.

Cet article était republié avec la permission de l’auteur Aaron Veinotte, Nova Scotia Power

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